Je ne savais pas à quel point je serais différente.
si je regarde en arrière, ma vie d'avant me semble une autre vie.
Celle que j'étais est comme une petite sœur,
Elle a juste un air de famille, mais elle n'est pas moi.
C'est étrange et c'est la deuxième fois que j'éprouve cela.
La première fois c'est quand je suis passé de l'enfant à l'adolescente,
ça c'est fait d'un seul coup.
Je n'ai pas eu le sentiment d'une progression lente.
Quelque chose qui murit en dedans mais ne s'exprime pas.
Quelque chose qui explose, qui éclate au grand jour, soudain.
La deuxième fois, peut être est ce quand je suis devenue une adulte.
J'ai mis du temps, tout de même, j'ai attendu d'avoir passé les 35 ans.
Et chaque fois, il y a eu cette pensée, cette phrase " plus jamais je ne me laisserais traiter de cette façon".
C'est l'accumulation d'une souffrance infligée, consentie, qui d'un coup ne peut plus l'être, qui m'a fait sortir de moi même,
Qui m' a fait devenir différente,
Qui m'a fait grandir.
Je me construit sur la souffrance en quelque sorte,
J'apprends par elle en tout cas.
C'est étrange aussi comme ce passé qui me semble si lointain maintenant, si étranger, à laissé malgré tout son empreinte,
Comme une vieille habitude qui ressurgirait parfois,
Comme un ex-fumeur aurait envie d'une cigarette dix ans après avoir arrêté.
Parfois j'éprouve cela, des émotions, des angoisses qui appartiennent au passé.
Elles surgissent avec violence et disparaissent très vite,
Une sorte de fulgurance, un flash-back.
Aujourd'hui je suis la plupart du temps plus sereine, comme apaisée.
Aujourd'hui j'ai trouvé un compagnon qui me fait du bien, qui prend soin de moi.
Aujourd'hui j'ai une merveilleuse petite fille, si merveilleuse.
Aujourd'hui j'ai passé un nouveau cap, côté travail cette fois-ci.
J'ai décidé d'arrêter de douter de mes capacités, de me laisser malmener
J'ai décidé d'arrêter de me positionner comme une petite fille pour rager ensuite d'être prise pour une idiote.
J'ai décidé de dire non, de dire stop, encore une fois.
Je sens que ma vie va s'en trouver changée.
Qu'encore une fois, je ne vais pas tout à fait me reconnaître dans celle que je suis encore un peu.
En tout cas je l'espère, je l'espère de toutes mes forces.
Aujourd'hui je grandit encore un peu...
J'ai décidé ...

5 réactions
1 De Anne
- 27/05/2011, 11:01
Alors c'est bien, ce que tu sens être bien pour toi, c'est le bon chemin.
Je t'embrasse.
2 De fille_silencieuse
- 27/05/2011, 14:04
La plus belle des décision pour soi! Le plus beau des cadeaux que l'on puisse s'accorder non?
Un précieux cadeau... comme un anniversaire un peu particulier celui du droit d'être soi toujours un peu plus à chaque pas, à chaque fois.
Le droit d’étendre ses ailes et de se lancer vraiment! Le droit de prendre toute la place possible et d’arrêter de se restreindre à un micro espace, ou à un mi-espace!
Joli cadeau! Encore plus joli de le donner à lire, il m'inspire et me donne de l'espoir!
3 De charlottine
- 27/05/2011, 20:19
Très beau texte qui évoque un lent mais confiant cheminement vers une sérénité - ou une maturité - ou ... (je cherche le bon mot) continue, tu as tant de belles années devant toi pour réaliser ce que tu décides !
4 De julio
- 28/05/2011, 07:05
Bravo !
La photo/ vraiment très mystérieux, comme si la petit fille avais peur non de la prise mais de se que la photo pouvez révéler d’elle ? Pour moi ton texte est aussi courageux et beau que la petite fille sur la photo ! Tu voies moi quand j’étais enfant j’avais un retard a l’école, mais mon courage et ma révolte non pas perdu avec le temps, je me suis toujours défendu ! Très beau texte vraiment ! Proverbe espagnole / celui qui veux quelque chose, quelque chose lui en coutera !
5 De andrem
- 29/05/2011, 13:22
Texte de fiction ou de confession, texte de confiction, de confection, bien organisé, bien poli sur le métier. Un brouillon peu brouillon.
La sérénité ne vient pas de ce qui tourne autour, événements de la vie, compagnon et fillette, amants et merveilles. La sérénité n'est pas un produit d'importation dans le grand commerce de notre cerveau.
Et ce qu'ils donneront n'en sera que plus précieux car inattendu, informulé, inaccessible, indicible. Et d'autant plus que ce sera inutile, donc indispensable.