04/05 : Italien
Je pense au cinéma italien des années 60, je pense à Marcello bien sur, à Féderico, à Anita, à Giulietta et à Sophia. Je les nommes par leur prénom, comme une famille disparue. J’ai découvert tous ces films bien après leur réalisation, et suis tombée sous le charme italien qui maniait poésie, ironie, élégance et tragi-comédie en une alchimie que seul le cinéma italien de ces années là connaissait. La dolce Vita, La Strada, Divorce à l’italienne, plus tard une journée particulière etc…

05/05 : Amnésie
M’évoque l’Alzheimer de ma mère. Elle est partie par les mots d’abord. Chaque chose qu’elle ne pouvait plus nommer perdait aussi son usage puis son existence. Plus tard j’ai découvert que le cerveau humain ne supportant pas le vide, tous ce qui avaient été oublié des évènements, des personnes étaient réinventés, ainsi ses petites filles en photo sur les murs de sa chambre sont devenues de gentilles infirmières qui lui rendaient visites. Elle inventait des souvenirs de pique nique l’été dans le parc de l’Ehpad, elle inventait toujours des souvenirs heureux. Son amnésie lui a offert une vieillesse apaisée loin de la souffrance qu’elle avait subi tout au long de sa vie.

06/05 : État
Il m’arrive assez souvent de me sentir dans un état proche de l’Ohio, mais dans quel état serais je en Utah… Ne me remerciez pas, je sais que vous l’avez dans la tête maintenant.

07/05 : Gag
Vivre avec un genre de Gaston Lagaffe à la maison me donne souvent l’occasion de rire de ses gags involontaires, parfois de lever les yeux au ciel ou de soupirer, mais plus souvent de rire. Ce n’est pas tant que je me moque que l’effet de surprise, il a une certaine inventivité dans sa manière d’être distrait.

08/05 : Troupeau
Je préfère les troupeaux d’animaux aux troupeaux humains. Les premiers mettent de la poésie dans un paysage, les deuxièmes ont plutôt tendance à le saccager.

09/05 : Cacher
J’aime bien les gens qui gagnent à être connu, qui n’ont pas la sympathie du premier abord, qui cachent leur cœur d’or sous les grognements d’un ours. J’aime bien ne pas tant me fier à mon premier regard, et attendre en observant que le trésor se révèle. Parfois, ils parlent fort, ils prennent de la place, ils bousculent pour faire fuir, parfois ils sont si discrets qu’ils en deviennent invisibles. Il y a souvent des vrais gentils qui ont appris à se protéger en se cachant.

10/05 : Phare
Quand je suis arrivée dans la maison de Tours après le décès de François, j’ai été très entourée. J’ai aussi beaucoup accueilli. Nous étions souvent des femmes mais pas que, à se retrouver chez moi pendant quelques jours. Ça riait, ça cuisinait, ça mangeait bien, ça parlait de la vie et de la mort, du monde et des arts, ça jouait parfois de la musique. Cette maison était comme un phare dans nos nuits.

Les règles du jeu : 7 mots proposés le dimanche. Vous pouvez vous en inspirer pour :
* soit textes/photos journaliers,
* soit un texte contenant les 7 mots,
* soit de petites brèves comme je le fais souvent.
Bref, un peu comme vous voulez.